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Culture arménienne

Vardavar : la grande fête arménienne des eaux et de la lumière

Vardavar : la grande fête arménienne des eaux et de la lumière
Image : Камалян001 — CC BY-SA 3.0

Inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'Arménie, la fête de Vardavar (ou Vartavar) compte parmi les célébrations les plus vivantes et les plus chères au cœur du peuple arménien. Ponctuée de rires, d'éclats de voix et de jets d'eau généreux qui arrosent passants et proches, cette journée estivale transforme villes et villages en un théâtre d'allégresse collective. Mais derrière ce jeu populaire que les enfants appellent affectueusement djrotsi, résonne un écho bien plus ancien, où s'entremêlent mythologie préchrétienne et solennité de la foi apostolique.

Des autels antiques au mont Thabor

Bien avant l'ère chrétienne, l'Arménie célébrait au cœur de l'été l'abondance de la nature, la fin des moissons et les puissances tutélaires de l'eau. Vardavar était alors étroitement associée au culte d'Astghik, déesse de l'eau, de la beauté, de l'amour et de la fertilité, ainsi qu'à la déesse Anahit. Les fidèles offraient des épis dans les temples, faisaient des libations de vin et sacrifiaient des agneaux auprès des sources vives en montagne pour implorer la pluie et préserver les récoltes des ravages de la sécheresse, de la grêle ou des sauterelles.

Avec l'avènement du christianisme, l'Église apostolique arménienne a intégré cette célébration au cœur de sa liturgie. Saint Grégoire l'Illuminateur choisit d'abord de fixer la fête de la Transfiguration du Christ au premier jour du calendrier arménien, le 1er du mois de Navasard (le 11 août), christianisant ainsi le grand rassemblement qui se tenait jadis aux sanctuaires d'Ashtishat et du temple d'Innaknya. Plus tard, en 551, le catholicos Movsès II rattacha la fête au cycle pascal, la déplaçant au septième dimanche après la Pentecôte. Comptant parmi les cinq fêtes cardinales (Daghavar) de l'Église arménienne, Vardavar se tient exactement 98 jours (quatorze semaines) après Pâques, entre le 28 juin et le 1er août. Elle est précédée d'une semaine de jeûne et immédiatement suivie, le lundi, par le Merelots, office de prière dédié au repos des défunts.

Le symbolisme de l'eau, des roses et des pommes

Au centre des rites de Vardavar trônent l'eau lustrale, les fleurs et les premiers fruits de l'été. Selon les récits bibliques transmis par la tradition, l'aspersion mutuelle rappelle également le souvenir du Déluge universel, lorsque le patriarche Noé, descendu de l'arche au mont Masis vers le Nakhitchevan, commanda à ses descendants de s'arroser d'eau et de lâcher des colombes en mémoire du salut accordé à l'humanité.

Le nom même de la fête a suscité de multiples études. La tradition populaire y voit l'union de vard (la rose) et de var (brûlant ou flamboyant), rappelant les brassées de roses présentées à Astghik ou la beauté éclatante du Christ transfiguré devant les apôtres Pierre, Jacques et Jean sur le mont Thabor. L'érudit Ghevond Alishan a rattaché cette étymologie au culte de la déesse, tandis que le linguiste Grigor Ghapantsyan en 1940, puis K. V. Melik-Pashayan en 1963, y ont décelé une racine hittite unissant vadar (l'eau) et arr (laver, arroser). D'autres chercheurs, comme Soukias Paronyan ou A. E. Petrosyan, ont exploré les pistes liées au culte du feu ou aux racines indo-européennes.

Parmi les coutumes immuables figurait l'interdiction de consommer des pommes avant Vardavar : c'est seulement le jour de la fête que l'on goûtait les premiers fruits de la saison. Dans le Shatakh, les jeunes empilaient du bois la veille au soir et allumaient des bûchers autour desquels ils faisaient rôtir ces premières pommes en dansant jusqu'à l'aube.

Sanctuaires montagnards et traditions régionales

Vardavar a toujours été une grande fête de pèlerinage. Les croyants gravissaient les hauteurs pour se recueillir auprès des sources : le mont Khoustoup dans le Zanguezour rassemblait des fidèles venus de Kapan et de Meghri, tandis que d'autres montaient au Mets Ishkhanasar, au Mrav, au Mets Kirs ou au Dizapayt. Plus de cent soixante lieux sacrés et chapelles à travers l'Arménie et l'Artsakh ont accueilli ces marches rituelles, dont le célèbre monastère de Sourp Karapet au Taron, réputé dans tout le Proche-Orient.

Chaque région cultivait ses nuances : dans le Lori, l'eau aspergée était parfumée de pétales de roses et d'herbes aromatiques ; au Siounik, on arrosait les arbres fruitiers pour garantir de belles récoltes ; en Artsakh, les familles se réunissaient autour des sources aux vertus réputées bienfaisantes. Dans les localités du Tavush, du Lori ou de Vardenis, la tradition locale a parfois maintenu la célébration le dimanche suivant le 20 ou le 22 juillet, moment où les travaux agricoles sont achevés.

Un trésor culturel transmis aux générations futures

Cette richesse rituelle a inspiré les plus grands maîtres des lettres arméniennes. Movsès Khorenatsi a consacré des homélies au mystère de Vardavar, le philosophe Anania Shirakatsi et saint Nerses Shnorhali ont composé de sublimes hymnes liturgiques (sharakans), et saint Grégoire de Narek a immortalisé cet éclat dans son célèbre chant poétique (Tagh Vardavari). Dans l'enluminure médiévale, comme sur la fresque ancienne de l'église Sainte-Croix d'Aghtamar, la scène de la Transfiguration dépeint le Christ dans une mandorle lumineuse, entouré de Moïse et d'Élie.

Aujourd'hui, l'esprit festif demeure intact. Depuis 2014, la Fédération des clubs de jeunes d'Arménie (FYCA) organise le Festival international de Vardavar sur les sites historiques de Garni et de Geghard, mêlant pavillons artisanaux, danses collectives (shurdjpar), dégustations de gata et chants folkloriques interprétés notamment par l'ensemble vocal Nairyan. De la Russie jusqu'à Glendale, la diaspora perpétue ce lien indéfectible avec la terre ancestrale.

Pour continuer à célébrer et faire rayonner ce patrimoine unique, les amoureux de nos traditions sont chaleureusement conviés à se retrouver lors du festival Armenian Culture Fest, qui se tiendra le 7 novembre 2026 en Californie.

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Sources

Textes de Wikipédia (CC BY-SA 4.0) et de Wikisource (CC BY-SA 3.0), utilisés comme sources.

Article rédigé avec un outil d’IA à partir des sources citées, puis vérifié et corrigé par la rédaction.

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