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La cave viticole d'Areni-1 : aux racines millénaires du vin en Arménie

La cave viticole d'Areni-1 : aux racines millénaires du vin en Arménie
Image : Serouj — CC BY 3.0

Dans le sud de l'Arménie, nichée au creux des parois rocheuses qui surplombent la rive gauche de la rivière Arpa, la grotte d'Areni-1 — également appelée la « grotte des Oiseaux » (Trtchounneri karandzav) — abrite l'un des ensembles archéologiques les plus remarquables du pays. Située à proximité du village d'Areni et à 12 kilomètres de la ville d'Eghegnadzor, dans la province de Vayots Dzor, cette cavité naturelle perchée à environ 1 080 mètres d'altitude témoigne de l'ancienneté des savoir-faire artisanaux et agricoles arméniens. Dès le Ve siècle, l'historien Éghiché mentionnait déjà ce lieu sous le nom de forteresse ou de bourgade d'Arpanyal, carrefour fortifié qui contrôlait le passage reliant la plaine de Sharur au Vayots Dzor. Depuis 2007, une série de campagnes de fouilles y a mis au jour des trésors d'une conservation exceptionnelle, dont la plus ancienne cave vinicole connue sur Terre.

Un complexe troglodytique au cœur du Vayots Dzor

La cavité d'Areni-1 appartient à la catégorie des grottes clastokarstiques, façonnées au fil des âges au sein de conglomérats calcaires. Composée de trois salles principales et de plusieurs galeries intérieures qui se ramifient dans la roche, son étendue est évaluée entre 400 et 600 mètres carrés. Sous des voûtes assombries par une pellicule sombre, le sol dissimule un riche empilement stratigraphique d'au moins quatre mètres de profondeur, au sein duquel les chercheurs ont distingué plusieurs couches d'occupation du Chalcolithique, datées principalement entre 4 300 et 3 500 avant notre ère.

Ces fouilles ont mobilisé une équipe scientifique internationale dirigée par Boris Gasparyan, chercheur à l'Institut d'archéologie et d'ethnologie de l'Académie nationale des sciences d'Arménie, aux côtés de Grigor Areshyan de l'Institut Cotsen de l'Université de Californie à Los Angeles et de Ron Pinhasi de l'Université de Cork en Irlande, en partenariat avec des universités du Connecticut, de Haïfa et de Tel-Aviv. La préservation rarissime des matières organiques à Areni-1 découle d'un microclimat interne caractérisé par une extrême sécheresse et une température stable, renforcé par une épaisse croûte carbonatée scellant les couches sédimentaires.

La plus ancienne installation viticole du monde

C'est en janvier 2011 qu'a été formellement annoncée la mise au jour, dans la grotte, de la plus ancienne installation de vinification jamais découverte, vieille de 6 100 ans et rattachée au IVe millénaire avant notre ère. Les premières traces de cette activité avaient été repérées dès les campagnes de 2007, lorsque Boris Gasparyan et son équipe ont dégagé un pressoir rudimentaire en argile.

La structure de ce chai antique témoigne d'une parfaite compréhension du processus de pressurage : le raisin était écrasé sur une surface inclinée, permettant au jus de s'écouler directement vers une grande cuve de recueillement creusée dans le sol. Tout autour de ce pressoir et des imposantes jarres de stockage (karas) enfouies dans la terre, les archéologues ont recueilli de nombreux pépins de raisin, des fragments de sarments desséchés, des résidus de raisins foulés et des peaux de fruits, ainsi que des tiges creuses de roseau qui pouvaient servir à puiser ou goûter la boisson. La présence de récipients de céramique, d'une tasse et d'un bol à boire confirme le fonctionnement complet de ce chai. Les chercheurs ont également relevé que la consommation du vin ne constituait pas un simple usage profane, mais revêtait une portée rituelle lors de rassemblements cérémoniels.

Des vêtements millénaires et un artisanat raffiné

Outre son complexe viticole, Areni-1 a révélé des pièces d'une valeur inestimable pour l'histoire des techniques matérielles. En septembre 2008, l'archéologue et doctorante arménienne Diana Zardaryan a découvert, dans une fosse circulaire soigneusement agencée sous une couche protectrice de déjections animales, une chaussure en cuir vieille de 5 500 ans. Taillée dans une seule pièce de cuir de bovin, fermée par des lacets et rembourrée de paille et d'herbe pour préserver sa forme, cette chaussure pour pied droit de taille 37 dépasse en ancienneté celle retrouvée sur la momie alpine d'Ötzi.

À cette chaussure s'ajoutent d'autres découvertes d'habillement, notamment une jupe en roseau tressé datée de 3 900 avant notre ère et des toiles de lin. Les motifs visibles sur les éléments tressés rappellent l'ornementation traditionnelle du tapis arménien, prouvant la vitalité de l'art textile à cette haute époque. La grotte abritait aussi des couteaux en métal, un petit poignard de la taille d'une paume, des cordes, ainsi que des graines de plus de trente espèces fruitières, parmi lesquelles des prunes séchées et des noyaux d'abricots, témoignant d'une économie agricole très diversifiée.

Rituels, sépultures et données génétiques

Au fond de la grotte, à proximité des récipients de réserve alimentaire, les fouilleurs ont mis au jour des sépultures humaines remontant à 5 900 à 6 200 ans avant le présent. Les enfants y avaient été enterrés entiers dans des jarres d'argile, tandis que les adultes présentaient des inhumations secondaires ou des corps disloqués. Trois crânes d'adolescentes âgées de 13 à 14 ans portaient la trace mortelle de coups de massue portés lors de rituels sacrificiels. L'un de ces crânes a livré, en 2009, le plus ancien tissu cérébral humain conservé, dont les vaisseaux sanguins superficiels demeuraient discernables.

Les études paléogénétiques menées sur trois individus chalcolithiques d'Areni-1 ont permis de reconnaître l'haplogroupe du chromosome Y L1a, ainsi que les lignées mitochondriales H, H2a1, K1a8 et U4a. L'un des profils génétiques indiquait un individu pourvu de cheveux roux et d'yeux bleus. Par la splendeur de ses installations vinicoles et la rareté de ses vestiges, Areni-1 s'impose comme un repère fondamental de l'histoire et du patrimoine de l'Arménie.

Sources

Textes de Wikipédia (CC BY-SA 4.0) et de Wikisource (CC BY-SA 3.0), utilisés comme sources.

Article rédigé avec un outil d’IA à partir des sources citées, puis vérifié et corrigé par la rédaction.

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