Arménie Info

Culture arménienne

Le kochari : histoire, pas et mémoire d'une danse emblématique

Le kochari : histoire, pas et mémoire d'une danse emblématique
Image : Hayordi — CC BY-SA 4.0

Le kochari (Քոչարի) constitue l’une des expressions les plus vivantes des arts traditionnels arméniens. Née dans les hautes terres arméniennes, cette danse collective en cercle est pratiquée par les Arméniens depuis plus de mille ans. Tout en incarnant une part majeure du patrimoine musical et chorégraphique de la région, le vocable possède également des résonances distinctes par-delà les frontières et renvoie même, dans un registre entièrement différent, à une pratique culinaire égyptienne homonyme également reconnue par l'UNESCO.

Une gestuelle guerrière et un enracinement millénaire

Pratiqué aussi bien par les hommes que par les femmes, le kochari arménien a été conçu pour impressionner et se veut intimidant. Dans chaque région des hautes terres arméniennes existait autrefois une variante spécifique, qui se distinguait à la fois par son style d’exécution et par sa musique propre. Une mention issue des répertoires associe par ailleurs une fondation ou création à l'année 1800.

La structure chorégraphique répond à des codes physiques singuliers. Comme l’a analysé John Blacking, le kochari rassemble les danseurs côte à côte, se tenant par les mains, afin de composer une ronde dont le tempo oscille entre une mesure modérée et un rythme rapide. Durant la danse, les participants imitent les sauts de chèvres. Des mouvements où les interprètes s’accroupissent et miment des coups de tête face à un opposant imaginaire sont suivis par de vigoureux sauts en hauteur.

Au fil de son évolution, la pratique a intégré des figures nouvelles, à l'image du « pas en tremolo », qui consiste à secouer l'ensemble du corps. L’étymologie arménienne explicite directement cette mécanique corporelle : le terme « kochari » signifie littéralement « viens au genou », résultant de l’association de gudj (ou goudj, գուճ) signifiant le genou, et de ari (արի), qui se traduit par « viens ».

Parcours historique et variantes régionales

Sur le plan de son itinéraire historique et territorial, la danse s’est propagée dans la partie orientale de l’Arménie après le génocide arménien. Parallèlement à la tradition arménienne, des variantes sont dansées aujourd'hui par d'autres populations, notamment les Assyriens, les Grecs pontiques.

Chez les Grecs pontiques, la danse porte le nom de Kótsari (Κότσαρι) et s'inscrit, à l'instar du kochari arménien, dans la catégorie des danses vigoureuses et martiales. Exécutée originellement en cercle fermé sur un rythme pair de 2/4, elle tire son appellation pontique des termes kotsi (ou kots, provenant du grec médiéval kottion, qui désigne le talon) et airo (lever ou élever). L’ensemble signifie « lever le talon », le talon étant considéré par les Grecs comme la partie maîtresse du pied sollicitée par le danseur.

Ces traditions ont fait l'objet d'une attention institutionnelle au niveau mondial. Le kochari arménien a ainsi été inscrit en 2017 sur la liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente de l'UNESCO.

Sources

Textes de Wikipédia sous licence CC BY-SA 4.0, utilisés comme sources.

Article rédigé avec un outil d’IA à partir des sources citées, puis vérifié et corrigé par la rédaction.

À lire aussi